Saturday, October 30, 2010

Ambassadeur de marque ... copy made in China

Lady Di ressuscitée vend de la lingerie en Chine - 16.09.2010 - The Guardian
“Lingerie Diana : ressentez le romantisme de la royauté britannique” - Voir l'article original The Guardian
Même sur les clichés les plus osés, personne n’avait jamais vu Diana en culotte et soutien-gorge jouant du violoncelle – et coiffée d’un diadème. “Lingerie Diana : ressentez le romantisme de la royauté britannique”, peut-on lire sur l’affiche de la marque chinoise Jealousy International Brand. A y regarder de plus près, on voit que cette femme n’est – évidemment – qu’un sosie.

Si cette publicité a été immédiatement censurée au Royaume-Uni, elle n’a pas suscité la moindre réprobation en Chine, où les consommateurs sont habitués à voir les personnalités dans les situations les plus improbables.

Ce genre de détournement non autorisé fait un tabac en Chine depuis 2003, date à laquelle plusieurs promoteurs immobiliers s’étaient arrogé Bill Clinton comme porte-parole, explique Jeremy Goldkorn, qui dirige Danwei.org (collaborateur du Guardian), site Internet basé à Pékin. A en croire une autre publicité, l’actuel président des Etats-Unis aurait également le temps de poser pour la campagne du smartphone Blockberry Whirlwind – à ne pas confondre avec le BlackBerry Storm –, juste avant de rejoindre Bill Gates et Warren Buffett pour faire la promotion d’une résidence de luxe à Shaanxi. Les promoteurs avaient en effet placardé des images géantes des trois hommes sur tous les échafaudages du site jusqu’à ce que des fonctionnaires rabat-joie leur ordonnent de les retirer. La citation attribuée à Warren Buffett “C’est le plus gros investissement de ma vie” ne leur semblait peut-être pas tout à fait crédible. Les starlettes sont également une cible de prédilection pour les annonceurs : Kelly Brooke et Mena Suvari ont ainsi découvert que leur photo ornait des boîtes de préservatifs chinois.

Personne n’ira pleurer sur le manque à gagner de ces stars déjà grassement payées. Mais ces publicités peuvent porter atteinte à leur image – et surtout à leur amour-propre – autant qu’à leur portefeuille. Que votre image soit exploitée pour vendre des appartements, c’est une chose, qu’elle soit associée à des pannes d’érection, c’en est une autre. Dès qu’il a appris qu’il vantait les mérites d’une pilule contre l’impuissance, Sean Connery a immédiatement menacé d’engager des poursuites. David Beckam était lui aussi furieux. Dans une publicité pour USA Selikon, très mal doublée, on pouvait voir le célèbre footballeur, également surnommé GoldenBalls (c*** en or), annoncer en chinois : “Ce médicament est l’arme secrète qui me permet de satisfaire Victoria.”

Heureusement, les consommateurs savent faire la part des choses. “Je ne crois pas que les Chinois soient dupes. Mais ces pubs peuvent vraiment permettre à un produit de sortir du lot. C’est pour cela que les sociétés continuent à exploiter le filon”, explique Jeremy Goldkorn.

Les stars occidentales offensées dans leur dignité devraient s’estimer heureuses : leurs homologues chinoises ne sont pas épargnées, au contraire. Muzimei, passée à la postérité pour son blog très cru, s’est ainsi retrouvée malgré elle ambassadrice d’une marque de mort-aux-rats !

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