Sunday, June 20, 2010

Latrines, 8 lettres, pas mieux.

Ou la déchéance de la presse française


Qu'un gamin de la rue, ou un paume des cités, balance un "Va te faire enculer sale fils de pute", je n'approuve pas, mais c'est comme ça, l'éducation se perd ma bonne dame.

Que mon fils lance une insulte, un gros mot, je n'approuve pas et je corrige, radicalement. Cela fait parti de l'apprentissage, c'est pas normal, mais bon, faut bien que jeunesse se passe

Qu'un joueur professionnel, adulte responsable, personne gagnant plus de 800,000 euros par mois et exposé médiatiquement, porte-parole d'une génération et emblème de milliers de gosse, se permette cela, alors là je ne comprends plus. Mais finalement, il y a des cons et des voyous partout, et le fait d'être doué avec ses pieds n'est pas forcément synonyme d'être doué avec sa tête. On peut être bon (et encore) au foot, et pauvre communiquant. Le succès (mais surtout l'argent) peut monter à la tête et ces joueurs ne sont finalement que des gamins des cités qui n'ont jamais vraiment grandi. Et si ces gamins n'ont jamais recu d'éducation, et bien ils n'en ont pas plus pour autant arrivés à l'age adulte.

Mais que la Presse rapporte comme cela les propos d'un joueur, alors là je vomis. Je vomis d'indignation et je me dis que ça y est, on est arrivé là ou j'espérais que jamais on arriverait. Comme le dit l'article plus bas, ca sent les laterines. La racole. Ca pue aigre la honte. On touche le fond.

Je suis sans voix et n'ai pas de meilleurs mots que l'
article ci-dessous de rue 89, alors autant le recopier. Latrines, 8 lettres, pas mieux.

"Le bas-fond, la boue, la fiente. Ce matin en découvrant la couverture de mon quotidien favori, j'ai réalisé qu'on y était. Plus de doute là-dessus, on ne pourrait pas tomber plus bas. « Va te faire enculer sale fils de pute » ! La puissance de ces guillemets qui justifient tout, c'est très pratique.

Ce n'est pas l'Equipe qui le dit, c'est Anelka. Comme c'est entre guillemets, c'est que c'est vrai. Un photo montage bidon, une typographie grasse et doublée par un filet blanc, c'est sans doute l'une des couvertures les plus ratées de l'histoire de la presse. Et ce titre racoleur qui nous plonge dans les entrailles immondes de ce qu'il reste du groupe France. Pourquoi pas un beau titre comme L'Equipe en a le secret ? Pas un beau titre dont ils ont le secret, comme un « Inadmissible » ou « L'insulte faite à Raymond » ou encore « Anelka pète les plombs », etc.

Non, il a fallu rapporter les mots tels quels, pour choquer, faire causer, doubler les ventes, attirer le blaireau (dont je suis), remuer la merde. Une couverture qui sent le fond des latrines, comme du Voici qui aurait mal tourné, c'est dire… "

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