Wednesday, March 4, 2009

Parent: Bonheur & Joie

Passe moi la ventoline.
Mardi 3 Mars 2009, 05:43 GMT+2Par Caroline.

Ce qui est sympa, quand tu fabriques des enfants qui entrent dans la catégorie "miasmes friendly", c'est que tu fréquentes régulièrement les médecins.
Ce qui ne devrait pas être pour me déplaire puisque je suis du style "médical-addict".
Le problème, c'est que l'enfant est sournois.
A moins que ce ne soient que les miens.
Qui semblent dotés d'un gène en plus. Le gène qui fait qu'alors qu'il est mourant chez toi, dès l'instant où ton marmot pénètre dans le cabinet médical, il retrouve un second souffle. Au sens propre du terme. Et alors qu'il a toussé sans discontinuer de 23h à 6h30 du matin, même avec la moitié d'une bouteille de toplexil dans le coco mélangée à une dose normalement rédhibitoire de cortocoïdes, il s'arrête instantanément de suffoquer au contact du docteur.
Et respire comme jamais il ne l'a fait chez toi. Sans un bruit. Comme touché par la grâce divine.
Forcément, ledit docteur finit par te prendre à la longue pour une folle doublée d'une hypocondriaque par procuration. Et te congédie en te recommandant un "bon lavage de nez" sur lequel je ne reviendrai pas, m'est avis qu'on a fait le tour du sujet. Evidemment, à peine rentré, chouchou crache ses poumons infectés. Sauf que maintenant il est 20h00 et que tu es bonne pour SOS médecins, ça fera 78 euros madame, merci, voilà l'ordonnance et la prochaine fois emmenez votre enfant chez le médecin avant la pneumonie, c'est plus prudent.
D'aucuns suggèreront que je me précipite un peu trop rapidement chez le toubib. Et d'aucuns aura raison, tu sais que t'es pas si con. Sauf qu'avec les années, non. Je peux te dire que je laisse murir la chose. J'attends que ce soit bien gras, bien vert et que la fièvre soit détectable même avec un thermomètre frontal (donc supérieure à 39°)
Mais rien n'y fait, ces ingrats sont nés pour m'humilier, dès qu'on les mets sur la table d'examen ils ont une patate à faire passer Delarue pour un neurasthénique.
Du coup, je me suis mis au coaching parental. Sur le chemin, je les motive. "Tu tousses devant le docteur, hein ? Tu ne fais pas comme la dernière fois, après le médecin pense que maman lui raconte n'importe quoi". "Mais, maman, c'est pas facile, je le décide pas quand je tousse". "Je ne veux pas le savoir. Si ça ne vient pas, tu te forces un peu. Quand même, à ton âge maintenant, tu peux faire un petit effort. Et viens pas me dire que c'est un mensonge de faire ça, je l'ai quand même pas rêvée la nuit qu'on a passés à faire bouillir la cocotte dans la cuisine pour humidifier tes bronches, hein ?".
Bref, donc, je les encourage un peu. Histoire de garder mon peu de dignité ET de m'épargner le coup de fil à SOS médecin en pleine nuit puis l'expédition à la pharmacie de garde avec tous nos copains toxicos de la place de clichy.
Sauf que bien sûr, ça ne marche pas.
Voire pire: la dernière fois, après une énième visite où ce bon vieux docteur constate que y'avait rien de rien dans les bronches de grand machin qui pue des pieds, je fais mon chèque histoire de rétribuer monsieur Lavage de nez. Alors que j'explique tant bien que mal que contrairement aux apparences cet enfant était bel et bien proche de la crise d'asthme pas plus tard que y'a une heure, grand machin ne cesse de tirer sur ma manche, signe qu'il a quelque chose de méga important à me dire. Tout ça en répétant inlassablement "maman... maman...". La scie.
Tu connais un truc plus énervant toi ? T'es en train de chercher névrotiquement ta carte vitale, l'autre Hyppocrate te parle comme si tu avais douze ans et demi et Helmut hurle dans sa poussette rapport qu'elle a un peu chaud (= à deux doigts de se lyophiliser) dans sa combinaison-pilote que tu t'es absolument refusée à ouvrir de peur de mettre deux jours à la remettre et pendant ce temps, ton enfant de bientôt neuf ans ne comprend pas que tu n'es pas hyper aware pour une question du type "Est-ce que tu sais ce que c'est un carré magique ?".
Bref, excédée mais tentant de garder un semblant de calme (devant le corps médical je tiens à passer pour une mère parfaite et à l'écoute), je finis par lui répondre, doucement mais fermement: "quoi mon chéri ?".
- "Tu m'en veux pas, hein ?"
Regard interrogatif du médecin et légère angoisse qui me serre la gorge.
"Beuh, mais non mon chéri, enfin, pourquoi je t'en voudrais ?" Sourire crispé et regard complice au médecin, sur le mode "Ces enfants quand même, ils sont d'un bête parfois, hu hu hu".
Petit silence, puis voix de clairon du grand machin.
- "Ben j'ai peur que tu sois fachée parce que je suis pas arrivé à faire semblant de tousser devant le docteur comme tu m'as montré".
...
Bon bah voilà, depuis, à chaque fois que ça sonne j'ai peur que ce soit les services sociaux.


(Contribution exterieure. Source: http://penseesderonde.labulle.com)

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